La France appartient seulement à qui peut la perpétuer

La France appartient seulement à qui peut la perpétuer




A qui appartient la France, qui est français, qui peut avoir les droits des français ?  Quel est le critère ?
La question se pose face à des immigrés  qui disent « La France est à nous ! » ou « Nous sommes aussi  français que vous ! » ou «  Personne ne peut nous enlever le droit de définir l’identité française », tout en se permettant de revendiquer le droit de traiter « les français, les blancs » de sous chiens,  de militer (faire le jihad) pour la loi islamique et pour une France islamique dans le futur, de prétendre être fier de leur pays d’origine plus que de la France …
 A qui appartient la France, qui est français, qui peut avoir les droits des français ?  La seule réponse donnée comme «  républicaine », comme non raciste, serait : toute personne acceptant les principes et lois françaises, pourrait être un français comme les autres, et la France lui appartiendrait autant qu’à un autre. La France serait l’espace dans lequel vivent ceux qui admettent ces principes explicités depuis le début de la République, depuis la Révolution.
Toute autre réponse, fondée un autre critère, serait taxé de raciste, identitaire, essentialiste,  intégriste, naturaliste, ou d’ancien régime.
Cette alternative repose sur la confusion entre ce qui est culturel et ce qui est abstrait, an-historique,  entre identité et fixité.
La France appartient à qui peut la perpétuer. La France appartient aux Français de vieille souche. Et à personne d’autre. Les autres ne sont pas aussi français que les français d’origine, leurs descendants le seront peut-être s’ils « font souche », par le mariage.
La France appartient à qui peut la perpétuer. Il ne suffit d’adhérer à quelques principes juridiques pour en être capable. Il est exceptionnel que des personnes dont des générations d’ancêtres n’aient pas vécu en France, aient cette capacité. Le « gout », le génie, l’esprit français se transmettent rarement par l’opération du saint esprit : il y a une part d’histoire familiale, tant génétique qu’éducative, tant acquise qu’innée, et personne ne peut dire la part de l’une et de l’autre influence. La France appartient donc aux Français de vieille souche. Pourquoi, sur quel fondement ? Le même que celui de Salomon : l’enfant appartient à celle qui peut le faire vivre, qui le peut parce qu’elle est attachée par tout son être à cet enfant. 
En Russie, l’un plus grand écrivain est Pouchkine : il était métis,  descendant d’africain et génie littéraire russe … La race n’est pas un obstacle, l’esprit particulier de la personne importe le plus,  mais Pouchkine était à la fois métis et … un génie d’exception.  Il arrive que quelques personnes tombent « amoureuses » d’un pays dont leur famille n’est pas originaire, et puissent devenir des artistes de ce pays aimé,  mais pour la masse des gens, l’origine correspond à la culture, aux préférences, et l’exil  donne pour cette raison le « mal du pays ». 
La propriété d’un pays, du bien public d’un peuple, ne peut pas être attribué à qui ne peut que la détruire, pour la remplacer peut être par autre chose, mais en la détruisant. La propriété se décompose classiquement en droit d’usus, fructus, abusus, user, faire fructifier, abuser et détruire : l’abusus ne peut être admis pour un pays, qui est un bien public, bien d’un peuple, de même un droit de propriété ne peut être confié à qui ne sait faire fructifier et perpétuer, car ce serait aussi à terme programmer l’abusus, la destruction. Prouver que l’on peut user d’une propriété conformément à certains principes est indispensable, respecter les lois du pays, est indispensable … mais insuffisant.
Le droit à la France repose d’abord sur l’histoire de la population française, sur la généalogie, sur la religion, sur le lien ressenti comme physique entre les français et leur terre, leur « terroir » : ces éléments ne sont pas seulement physiques, ils sont culturels, ils sont historiques, tout autant que l’attachement aux principes français.
Le culturel n’est pas fait que d’abstraction. La culture et l’art et l’esprit d’un peuple modèlent la matière, la terre, les gènes, le peuple lui-même : ils modèlent la formation des familles donc de la « race », ils modèlent l’agriculture donc les paysages, les espèces végétales et animales et jusqu’au sol qui se forment sous ce travail et sous ces êtres vivants … L’esprit et la matière, le corps, interagissent dans les êtres humains comme dans les populations et leurs terres, comme entre l’humanité et la terre.
Cette identité peut évoluer,  avec les générations, elle n’est pas figée,  dans l’ « identique », dans une « essence » sans vie,  sauf si un état d’esprit totalement conservateur domine, elle évolue au fil des nouvelles idées, des nouveaux rèves, des adaptations, elle peut s’enrichir d’échanges avec les autres cultures, de l’apport de nouveaux venus qui « font souche », c’est-à-dire se marient avec des français/es, adoptent la culture française, tout en apportant, en ajoutant leurs savoirs ou expérience personnelles.
La transmission du « génie d’un peuple », des préférences, du goût, bref de l’ « identité », ou l’entrée dans l’identité d’un peuple, défend, se fait ou ne se fait …  dans les lits. C’est-à-dire pas seulement dans les gênes, mais dans l’amour partagé ou pas, dans l’éducation intellectuelle, physique, sensitive, artistique des enfants : pas parce que l’identité et l’appartenance à une culture seraient des phénomènes physiques, mais parce qu’elles sont à la fois et inséparablement quoique dans des proportions imprévisibles,  physiques, psychiques et historiques.
Lorsqu’un  ou une personne arrivée dans un pays, préfère épouser quelqu’un originaire du même coin de la planète, c’est qu’elle a plus de goût pour ce qui vient de ce pays d’ailleurs que pour le pays où elle vit, et qu’elle est donc incapable de perpétuer la culture de celui-ci. Epouser quelqu’un de la même origine étrangère que soi et prétendre que l’on est aussi autochtone que les autochtones est évidemment faux.
L’enfant de ce couple aura lui-même beaucoup d’attaches physiques et mentales, culturelles, avec le pays de ses parents : plus ou moins qu’avec son pays de naissance, il est difficile de le dire, tout dépend de sa personnalité, de son éducation, de sa vie … mais très probablement il se sentira « entre deux » et n’aura pas les mêmes préférences qu’un enfant des gens du cru.
De même que les premières générations « mélangées» éventuelles.  Ces enfants n’auront pas la même aptitude à faire vivre ce pays que les gens du pays eux-mêmes, peut- être pas le même bonheur à y vivre, quelle que soit la bonne volonté des gens du pays envers eux. Cette situation peut être vécue comme intéressante, du fait de la double éducation reçue, ou douloureuse, ou les deux à la fois, mais dans tous les cas, seuls les parents qui se sont exilés et mariés entre eux en sont responsables : personne ne les a obligés à venir en France.
Les français descendants d’esclaves africains et vivant au-delà des mers, peuvent se dire « autant français que les autres », même si du fait de leur éloignement ils sont dans une culture francophone « créole », parce que leurs ancêtres ont été contraints de venir, et parce qu’ils sont presque tous pour une part de leur arbre généalogique descendants de français de souche, là aussi souvent par viol, et parce qu’ils sont ainsi français depuis trois siècles. Quand ils vivent en métropole, il n’y a à mon sens aucune différence, à part la couleur de peau, entre eux et d’autres français, pas plus qu’en deux français de régions différentes.  Ceux qui tentent de les pousser à s’identifier comme « Noirs » en les amalgamant aux nouveaux immigrés, eux volontairement, d’Afrique, tentent en fait de produire une scission de la Nation française.
Quant aux français de souche juifs, il est faux de voir en eux une population qui refuserait tout mariage avec des païens (à l’époque des premiers juifs en france) ou chrétiens d’origine. La religion juive ne refuse pas de tels mariage, mais elle exige pour un mariage « juif », la conversion du ou de la conjointe, dont il est interdit ensuite de rappeler qu’il ou elle n’est pas un  « juif comme les autres depuis Abraham » : ces conversions se produisent, comme il arrive que des juifs se convertissent à d’autres religions ou non religions. La plupart des juifs français aujourd’hui sont immigrés ou descendants d’immigrés récents, mais ceci est une autre histoire.
Ceux qui prétendent, au nom de leur présence ou de leur naissance en France, légalement ou même illégalement, par une sorte de droit acquis, d’usucapion, détenir un droit de posséder la France et de la détruire en la remplaçant par une autre culture et une autre population, ne sont pas des français mais des colonialistes.
Elisseievna

Novembre 2012




Ceux qui cherchent les coupables ...



Ils croient qu'ils sont bons parce qu'ils haissent les "méchants", ceux qui "ne devraient même pas vivre" comme aurait dit Clément Méric, ils sont d'autant plus certains d'être bons qu'ils haissent les "méchants" parmi eux-mêmes et rêvent de les détruire, alors que ce faisant, même masochistes, ils ne sont que destructeurs et sadiques.

Face aux problèmes, il y a ceux qui cherchent les coupables et ceux qui cherchent les issues, les solutions constructives.
Idiotie de croire qu'il y a des problèmes à cause de "coupables", et non pas simplement de l'état et de la nature des choses, des tendances à l"enthropie".
Maléfice de faire croire qu'il suffit de cultiver le sadisme envers quelque coupable pour venir à bout des difficultés.
La pensée magique, magie noire, la "pensée sorcière" qui cherche des coupables ne sème que la mort.
Attiser la hargne contre les coupables, tel est le sale boulot des "suppots de satan" en tous genres.
"L'ennemi principal" est en nous tous, notre lâcheté, nos faiblesses, dont celle de refuser lâchement de se souvenir d'Amalek : celui qui veut vraiment te tuer et que rien ne peut faire changer d'objectif, celui qu'il faut arrêter : "Vaincre à tout prix".
Des peuples innocents ? quelle blague ...




Clément Méric est mort cette année de cette stupide chasse.
Les femmes et des hommes meurent tous les jours, soit tués par des musulmans observants ravagés par les imprécations d'"Allah" contre ses "ennemis", soit tués parce qu'il suffirait de tuer "les terroristes" pour venir à bout d'une croyance en un dieu qui parle comme un diable.
Certains rèvent de procès de "collabos".
Certains autres rèvent d'en finir avec les éternels coupables (non, ce n'est pas une blague .. mais l'éternel retour) : les juifs, qu'ils les appellent "yahoud" ou "sionistes" ou "juifs talmudiques", à n'en pas douter pour beaucoup les seuls vrais "capitalistes" "impériaux" ou "francs-maçons", sources de l'oppression mondiale de tous les peuples innocents...

Pendant ce temps là, aucune solution n'est proposée pour mettre en place une économie viable avec la fin des énergies fossiles; pendant ce temps là, nous ne faisons rien ou si peu pour éviter ce qui nous menace ici sous peu : la faim et le désert.
Pendant ce temps là, ceux et celles qui s'inquiètent de la vie et de l'intégrité physique de chaque être humain, sont moqués et qualifiés d'intégristes ou de féminazis ... Pourtant la seule ressource inépuisable que nous ayons est notre capacité à aimer, n'est ce pas ?

Il n'y a pas d'"empire", sinon celui DES egoismes alliés AUX crétineries,
le "mal", le "malin" s'insinue dans la recherhche des "coupables", or ce qu'enseigne le christianisme dans son génie de la comm par "slogan" c'est que "nous sommes tous pecheurs" : c'est ce slogan qu'il faut retenir si l'on ne veut pas tomber dans le gout du sang, au détriment de la construction de la VIE 

- le judaisme dit " LE Chaïm", " à la vie", et au boulot ... "nous serons tous jugés", inutile de chercher des coupables, il faut s'occuper de la vie et pour cela se mettre au travail pour la construire ...

" islamophobe" : François Munier m'insulte sur Médiapart

Appeler délibérémment une personne d'un nom ou d'un qualificatif qu'elle récuse, c'est l'insulter. J'ai toujours, depuis que j'aborde le sujet la définition de l'islam et de sa critique, récusé le mot islamophobe et islamophobie et dénoncé l'amalgame malhonnete auquel ils correspondent. Me traiter d'islamophobe est donc une insulte.

voici ce que François Munier écrit sur le blog de Christian Delarue dans Médiapart :
" elisseievna, l'islamophobe bien connue"

j'ai demandé un droit de réponse à Médiapart

J'écrivais par exemple en 2007 :
"Le sophisme de l’utilisation de la critique « d’essentialisme » contre certains islamologues ou critiques de l’islam, repose sur la confusion entre les personnes humaines, que sont les musulman-e-s, qu’il ne faut bien entendu pas « essentialiser », et la doctrine, le droit, la religion qu’est l’islam. Il joue donc exactement sur la même confusion que le néologisme « islamophobie » : confusion entre islam et musulmans, entre critique de l’islam et haine des musulmans, entre blasphème et racisme."

et en 2003 avec le CERF : 

"
DEFINITIONS : RACISME, RACISME ANTI-ARABE, RACISME ANTI-MUSULMANS, ISLAMOPHOBIE

Nous définirons ici comme "racisme"; l'attribution de caractères généraux à un population déterminée en fonction de ses "origines" familiales ou géographiques, censées correspondre à une "race" humaine.

Proche du racisme peut être le fait d'attribuer des caractères généraux à une population déterminée en fonction de sa religion présuméee. On peut être "raciste anti-musulmans" si l'on attribue à priori à tous les musulmans des caractères négatifs, sans que cela repose sur la réalité de leurs convictions ou de leurs comportements.

Le terme "islamophobie" est trompeur. Ce n'est pas la "phobie" de la religion musulmane qui peut être critiquée. On peut avoir peur de l'islam et le dire, et expliquer pourquoi.
Par contre, on ne doit pas jeter l'opprobre sur les musulmans, inciter à la haine envers eux, on ne doit pas être "musulmano-phobe".

Il est évident que la limite entre les deux n'est pas toujours évidente. Il est encore assez simple de reconnaître un acte de discrimination envers une personne en raison de sa religion.  Mais distinguer la critique d'une religion de l'incitation à la méfiance, au mépris, et même à la haine, envers ses adeptes, peut être moins évident.

On est libre de penser que l'islam est "con", et en général de penser que toutes les religions sont débiles. Il n'est pourtant pas exclu d'avoir la modestie de penser que l'on ne connaît peut être pas assez la façon dont les individus, les croyants vivent leur religion, pour savoir s'ils la vivent nécessairement si bêtement. En tout cas, il est difficile de croire que quelqu'un qui dit cela, ne se rend pas compte qu'il peut inciter au mépris des croyants. Dès lors, la morale, sinon le droit strict, veut qu'il prenne un minimum de précautions pour ne pas encourager, ou laisser croire qu'il encourage, ce mépris[1].

De même on est libre de penser que les textes sacrés musulmans sont violents, ou même qu'ils mènent nécessairement à la violence, mais si l'on dit cela on peut difficilement prétendre ne pas savoir que l'on risque d' amener certains à penser que tous les musulmans sont violents. Or il ne faut pas diffamer les croyants, musulmans ou autres, en leur imputant des comportements qu'ils n'ont pas.
On peut penser, et dire, que nécessairement, logiquement telle religion mène à la violence, mais on n'a pas le droit d'affirmer que c'est le cas, qu'elle y amène effectivement systématiquement, comme si la réalité donnait raison à cette théorie, alors que cela n'est pas vrai, alors que tous les croyants sont loin de verser dans la violence. Car en passant de l'affirmation d'une logique théorique, à l'imputation de faits à l'encontre d'un groupe, on franchit la frontière entre idées et diffamation; à ce moment là, on diffamerait les croyants de cette religion.

On voit ainsi que la distinction n'est pas simple, entre les discours critiques contre la religion, et les discours diffamatoires envers les croyants, entre la critique de l'islam, "islamophobie" critique, et la diffamation des musulmans, "islamophobie" discriminatoire.
Mais on voit aussi, qu'avec quelque effort, en prenant la peine de faire les mises au point nécessaire, on peut fort bien prévenir une lecture favorisant haine, discrimination, violence, envers les musulmans comme envers d'autres croyants."

(En réalité, cette définition du "racisme" est large, bien au delà de ce qui est reprochable moralement, car le fait que les groupes humains, à un moment donné aient tel ou telles "caractéristiques  générales" peut être envisagé ou avéré et est en soit "neutre", ce qui pose un problème moral est le fait de penser qu'en raison de ces caractéristiques, tel groupe humain aurait moins de droit à la dignité, à la vie. Rappelons que le code pénal est souvent présenté comme créant un délit d'opinion de racisme ... alors qu'il ne définit pas le "racisme")

A propos du mot " islamophobie" : il n'a absolument pas été inventé par les iraniens, comme le bruit court ici depuis quelques années, il est utilisé depuis au moins le début du XXeme siècle, dans des livres français sur les colonies de l'époque. 

« Quoi qu’en disent ceux pour qui l’islamophobie est un principe d’administration indigène, la France n’a rien de plus à craindre des Musulmans en Afrique occidentale que des non-Musulmans. (…) L’islamophobie n’a donc pas raison d’être dans l’Afrique occidentale, où l’islamophilie, dans le sens d’une préférence accordée aux Musulmans, créerait d’autre part un sentiment de méfiance parmi les populations non-musulmanes, qui se trouvent être les plus nombreuses. L’intérêt de la domination européenne, comme aussi l’intérêt bien entendu des indigènes, nous fait donc un devoir de désirer le maintien du statu quo et de garder une neutralité absolue vis-à-vis de tous les cultes.6 » Maurice Delafosse Maurice Delafosse, « L’état actuel de l’Islam dans l’Afrique occidentale française », Revue du monde musulman, vol. XI, n°V, 1910, p. 57. 

« L’islamophobie – Il y a toujours eu, et il y a encore, un préjugé contre l’Islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne. Pour d’aucuns, le musulman est l’ennemi naturel et irréconciliable du chrétien et de l’Européen, l’islamisme est la négation de la civilisation, et la barbarie, la mauvaise foi et la cruauté sont tout ce qu’on peut attendre de mieux des mohamétans. »  il « semble que cette prévention contre l’Islam soit un peu exagérée, le musulman n’est pas l’ennemi né de l’Européen, mais il peut le devenir par suite de circonstances locales et notamment lorsqu’il résiste à la conquête à main armée10 ».  Alain Quellien, La politique musulmane dans l’Afrique occidentale française, Paris, Émile Larose, 1910, p. 133. 

« [m]alheureusement, l’Europe a des traditions politiques qui datent des Croisades ; elle ne les a pas abandonnées et, si elle est tentée de les oublier, les Islamophobes tels que [William E.] Gladstone [ancien Premier ministre britannique], [Lord] Cromer [consul britannique en Egypte], [Arthur J.] Balfour [ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères britannique], l’archevêque de Canterbury et les missionnaires de toutes confessions, etc., se dressent immédiatement pour l’y ramener ».
« L’islamophobie ne pouvant plus rien rapporter devrait donc s’éteindre et disparaître. Si elle persistait, elle prouverait définitivement à toute l’Asie et à toute l’Afrique que l’Europe veut les asservir à un joug de plus en plus tyrannique. (…) Si, au contraire, l’Europe s’entendait cordialement avec l’Islam, la paix du monde serait assurée24 ».   Nacir Ed Din Etienne Dinet et Sliman Ben Ibrahim Baâmer, Le pèlerinage à la maison sacrée d’Allah, Paris, Hachette, 1930, p. 167.


Mise au point à propos de Jean Robin

Un blog odieux "consacré" à insulter Jean Robin a utilisé un texte où je critiquais un de ses propos. Mise au point : je n'ai jamais autorisé la publication de mon article sur ce blog. Tout ce blog n'est qu'insulte, ses contenus et liens de ce site sont parmi les plus antisémites, et je le réprouve totalement.

Quelques idées sur le droit à l'avortement

Simone Veil 26 nov 1974
 
Simone veil 26 nov 1974 assemblée nationale par haomaru42klan


·       Réponse à deux ( et plus... ) questions  qui sont posées ...  

Pourquoi je " justifie le meurtre d'un être humain au premier temps de son existence ":
(précision : cette formulation n'est pas la mienne, je cite une question qui m'a été posée, parce que j'ai affirmé être pour le droit à l'avortement)

il y a trois raisons qui me font pencher dans ce sens : 

la première est justement la souffrance : 
aux premiers temps, l'etre humain ne la ressent pas ou tres peu, et si on a des raisons de croire que sa vie quand il sera pleinement conscient sera une souffrance physique ou morale, alors on peut se sentir responsable ne le mettre au monde, de permettre à sa souffrance de survenir avec son developpement,
je ne sais pas quel choix j'aurais pu faire moi dans un tel cas, mais je pense que le dilemne se pose pour des parents,
la deuxieme est liée : 
je pense que l'humanité est liée à la grossesse, qu'un être humain ne peut pas naitre dans de bonnes conditions, si sa mere a été "forcée": même la bible dit que Marie accepte et n'est pas forcée, montrant à quel point le sentiment de la mère est important,
je pense que naitre en sachant que sa mere a été forcée à la grossesse, est une situation terriblement douloureuse pour l'enfant,
pendant la guerre d'ex yougoslavie, j'avais entendu l'histoire d'une femme, qui avait voulu élever l'enfant d'un viol de guerre, et était devenue folle ..
vous me direz que tous ces parents peuvent être aidés à avoir espoir, soit par la solidarité sociale et économique, soit par un soutien psychologique, qu'à défaut on peut donner l'enfant à l'adoption : c'est peut etre possible pour certains d'entre eux, je doute que cela le soit pour tous, il y a des cas vraiment douloureux et qui le restent , ..
moi j'ai toujours défendu l'accouchement sous x, pour que des femmes puissent donner la vie en mettant l'enfant à l'abri des traumatismes de son histoire, mais être né sous x est tres dur ..
je pense qu’une société qui n’arrive pas à soutenir les femmes, les parents, pour leur donner espoir et « force » d’être parents, ne doit pas faire payer son échec aux femmes, les mettre dans une situation de contrainte qui le plus souvent se retourner aussi contre l’enfant né dans ces circonstances,
en tout cas, une société qui réprime l'avortement, choisit la solution de facilité de peser sur les plus faibles, les femmes, ces lois n'ont jamais empêché les avortements mais les ont seulement rendus doublement mortels ( pour la mere et l'enfant ensembles)
la seule répression justifiée est celle de l’avortement forcé, le fait de contraindre ou pousser une femme à avorter, que ce soit le compagnon ou la famille ou la société ou des medecins profiteurs qui le fassent,
la troisieme est plus " pratique" : je pense que la loi ne doit pas punir les femmes ni les medecins ( sauf ceux qui agissent par profit), car cela créée d'autres morts de femmes dans des avortements sans hygiene, des avortements encore plus tardifs etc,
la loi doit reconnaitre que les femmes ont droit à l'intégrité physiques et sont seules à savoir ce qui doit etre fait pour elle et l'enfant qui est dans leur corps, car si l'on nie ce principe, on aboutit à des systemes ou les femmes sont piégés, où l'on abuse de leur faiblesse physique et économique,
je pense que ces législations anti-avortement qui réduisent les femmes à des situations impossibles, les piègent, ont été faites dans l'histoire pour faire des femmes des usines à chair à canon,
notamment la loi de 1920 qui empêchait y compris l'information sur toute contraception : même celles que prone l'église aujourd'hui par les méthodes purement "naturelles" de connaissance du corps et d'abstinence partielle, étaient interdites, car il fallait "produire" de la "chair humaine"..
actuellement, on est tombé dans l’excès inverse, manifestement le « capitalisme » a besoin de réprimer la production d’enfants « à cout salarial élevé », et donc fait tout pour dissuader les femmes des pays développés de faire ou de garder des enfants, pour dissuader les couples jeunes qui s’aiment d’avoir des enfants jeunes, pour faire perdre espoir aux jeunes d’être capables de s’aimer et de rester ensemble, leur fait apparaitre comme quasi impossible de faire face aux difficultés d’enfants en moins bonne santé …
je pense que c’est ce qui explique la violence contre des gens qui ne font que prier pour donner espoir aux femmes et aux homme aussi, aux parents en général, c’est une violence qui me « choque », parce que l’espoir, est une ressource importante, donner aux gens l’espoir d’avoir la force d’aimer, de trouver des forces dans cet amour, peut compter énormément dans la vie de personnes, le simple fait de voir des gens qui y pensent, dans un monde où tant de gens se croient tous seuls, est très bénéfique … 
je trouve qu’il y a un signe de quelque chose de completement fou dans le fait de voir des « fachistes/intégristes » dans des personnes qui prient pour des parents, pour qu’ils trouvent la force d’aimer leurs enfants …
les lois anti avortement, font parti d’un ensemble qui ecrabouille les femmes et les enfants : 
c’est un ensemble de texte, un « système » qui fait les plus faibles sont écrasés, et cet ensemble de loi, qui aide à « fabriquer » de la « chair à canon » ou « des putes », repose sur ce que les feminstes appellent « patriarcat » : une hiérarchie avec une répartition fixe des rôles, qui est présenté comme « protecteur » pour les femmes, ou comme leur « épanouissement dans le sacrifice ou le don », mais qui est en fait un système qui soit directement « profite » aux « plus forts », soit est une « tentation du diable », en « flattant l’orgueil » des hommes, sensés être capables de « protéger sans jamais abuser », en donnant aux hommes, sous prétexte qu’ils sont sensés et peuvent protéger ( et il est vrai qu’ils peuvent protéger bien sur et que beaucoup le veulent sincèrement) un pouvoir excessif dont ils ne peuvent qu’être tentés d’abuser.

N'est il pas incohérent d'être pour l'avortement et d'affirmer que l'on n'a jamais dit à une femme d'avorter ? 

je n'ai jamais dit à une femme d'avorter, je n'ai jamais dit à qui que ce soit " il vaut mieux avorter",
je dis que l'on peut se poser la question, sur le choix entre la souffrance et la vie, pour un enfant pas encore conscient, que les femmes, les parents, doivent pouvoir choisir, que les femmes qui ont des raisons objectives de craindre que leur enfant soit maltraité ou souffrant, et c'est souvent en raison de violences présentes ou prévisibles envers elles, ne doivent pas de surcroit n'avoir d'autre issue que la boucherie...
mais cela ne signifie pas que je leur dirais d'avorter, parce que si une femme sent qu'elle peut aimer son enfant, avoir de l'espoir pour lui, la question de l'avortement ne se pose même pas et personne ne doit la soulever, en fait, personne d'autre que la femme concernée elle même ne devrait la soulever.
j'avais copié il y a quelques temps sur mon blog, des images d'une mère ayant mis au monde un bébé dans un des pires cauchemars existants : un bébé anencéphale, ce bébé a vécu, a souri quelques mois (!), puis décliné et on voyait sa souffrance aussi : qui peut dire ce qui valait .. en tout cas, personne d'autre que sa mère et son père...
je ne sais pas si s'il est responsable ou pas de mettre au monde certains enfants mais si une femme, des parents le veulent malgré toutes les difficultés possibles ... c'est qu'ils le savent mieux que personne, et qu'il faut les aider, je pense qu'il ne faut pas punir les femmes qui avortent mais si on avorte que ce soit le plus tot possible, mais en aucun cas on n'a le droit de dire à une femme qu'elle ne devrait pas garder son enfant ...

serais-je donc si incohérente ?
en fait il a des points de vue radicalement différents sur l'avortement et la contraception : il a le point de vue athé, qui dit " risquons le plaisir au risque d'avoir à faire mourrir dans les premiers temps de la vie, supposés avant la souffrance - en fait même pas toujours" et il y a le point de vue des croyants qui dit qu'on ne fait pas passer son plaisir avant la vie de l'autre être humain vivant.
Il y a le point de vue athé qui dit " la souffrance trop forte est une raison pour ne plus ou pas vivre" et le point de vue croyant qui dit que la vie vaut la souffrance.
Sachant que pour moi la conscience de l'être vivant en formation est le seul critère tangible, je suis dans le camp athé, mais comme par ailleurs, je vois mal comment on peut bien vivre de tuer, je ne suis pas sure ce choix soit supportable non plus, et je comprends aussi les croyants qui le trouvent absurde.
sachant que pour les uns le simple fait d'envisager de ne pas forcer des medecins à pratiquer des avortements, ou a restreindre son plaisir pour ne pas risquer de mettre aux monde des enfants que l'on n'a pas les moyens d'élever "bien", vous place dans le camp du diable réact, et que pour les autres, le simple fait d'envisager ne serait ce que le sterilet est un meurtre, comment pourrais je éviter que pas mal de gens me honnissent ?
Pour les uns avorter un droit humain, droit à l'intégrité physique de la femme, pour les autres, avorter est en contradiction avec le droit à la vie du bébé - zut, je suis déja tuée pour avoir employé ce mot - et pour les autres encore, le probleme peut se comparer à celui des êtres siamois : pour ma part je pense qu'il y a un problème réel de conflits de "droits humains" et je pense que n'importe quel juriste sensé le comprend très bien.

Voilà ce que nous écrivions au C.E.RF. en 2002 
"L’enjeu de la querelle de l’arrêt Perruche est pour les femmes, la confirmation ou non du droit de choisir de donner la vie. Droit de choisir que la jurisprudence Perruche a renforcé.
Mais pour les handicapés, il est de voir confirmer ou non leur droit à exister sans opprobre. Car la position de la Cour de Cassation aboutit malgré elle, malgré sa logique juridique intrinsèque et ses bonnes intentions, compte tenu de la réalité économique de l’insuffisance de la solidarité nationale envers les handicapés actuellement, à une logique eugénique insupportable. Les parents qui auraient désiré leur enfant handicapé n’auraient donc pas droit à la même aide que ceux qui aurait eu la civilité de ne pas en vouloir…
La bataille financière sur la prise en charge des handicapés ne doit pas amener à restreindre le droit de choisir : celui de choisir de ne pas faire naître, d’avorter, comme celui de faire naître.
1 - La loi doit d’abord déclarer que le handicap relève de la solidarité nationale,
(sauf dans la mesure où il a été constitué par une blessure faite par une autre personne)
Au lieu de partir d’une négation d’un « droit à ne pas naître » (...) le premier principe proclamé par la loi doit être que la prise en charge du handicap relève de la solidarité nationale uniquement, pour tous les handicapés, ce qui rendra les actions en responsabilité sans objet. Ainsi il sera clair que le handicap n’est jamais du à une « faute » d’avoir mis au monde un enfant handicapé."


je m'aperçois que j'explique mal, je ne commence pas par le début mais par le plus compliqué ....

Peut-on dire en même que l'on est pour l'avortement et que l'on n'a jamais dit à une femme d'y recourir ?

Le début est que si j'ai dit ou même écrit que je suis pour l'avortement, c'est par un raccourci faux, en fait je suis pour ""le droit à" .. l'avortement" ... et aussi pour le droit de "ne pas" avorter.
Dire " il faut avoir le droit de faire" n'est pas dire "il faut faire", mais dire "on peut faire ou ne pas faire".

Pour défendre le "droit à l'avortement" ( une phrase qui est assez vague : est ce un droit protection - ne pas être puni-  ou un droit créance - exiger une obligation de faire de la part de médecins ..), on trouve les mêmes arguments que pour le droit à l'accouchement sous X : il est terrible d'avorter et d'accoucher sous X et pourtant la loi peut protéger des vies ( de la mere contre un avortement non medical, de l'enfant risquant l'abandon total), donc on la demande, tout en souhaitant qu'elle ne soit plus utilisée, tombe en désuétude.
Evidemment, il n'y a pas identité entre les deux cas, ce n'est pas pareil de tuer et de couper des liens parents-enfants, mais le point commun est qu'il ne vaudrait mieux pas et pourtant, l'autoriser peut permettre en pratique d'épargner des vies.
En théorie on peut répondre qu'une femme qui n'avorte pas ne courre aucun risque de mourrir d'avortement et que la société ferait mieux d'aider les femmes à ne pas être réduites à recourrir à l'avortement plutot que de l'organiser :
en pratique, je pense que le point de vue féministe de base est surtout de demander que soit ouvertes les deux issues : que les femmes soient aidées à ne pas être réduites à y recourrir et que si cette issue heureuse n'existe pas en pratique, que l'issue "de secours" ne soit pas fermée.  Tout en espérant que l'issue de secours ne soit plus utilisée...
L'idée de base est que si cette "issue de secours" est fermée, non seulement la conséquence immédiate est la mort de femmes en plus de celle d'enfants, mais que les autres mesures, celles faites pour aider les femmes à la maternité, donc aider les enfants, ne seront pas prises non plus. L'idée est que si le "pouvoir" est retirée si largement aux femmes, il sera "absolu" aux mains des hommes, dont les femmes et enfants s(er)ont dépendantes.
à cela je sais que l'on peut répondre que la société qui "permet" l'avortement, finit en pratique par y forcer et les femmes et les couples, ce qui ne vaut guère mieux humainement.
( je n'oublie pas que maintenant le point de la plupart des feminstes est que l'avortement est une fatalité car la contraception ne marche pas à 100%, mais à l'origine, les féminstes pensaient qu'avec la contraception l'avortement n'existerait plus, en tout cas le package dit libération sexuelle a été vendu ainsi)

Le plus compliqué est : est ce que l'on peut dire en même temps qu'il existe "dans l'abstrait" des raisons d'avorter, et dire que l'on ne conseillerait pas à des personnes concrêtes de s'y plier ?
 là dessus, j'ai répondu plus haut : des parents peuvent juger que pour l'enfant la souffrance risquée ou subie est trop grande, mais d'autres parents peuvent juger qu'il faut espérer, qu'ils peuvent compenser  la ou les souffrances par l'amour donné, et je pense qu'eux seuls, que la mère seule peut en juger, que c'est leur, son, droit absolu de décider je pense parceque eux seuls peuvent "juger" des effets pour leur enfant, le droit absolu de la mère et surtout : eux seuls peuvent juger, personne ne peut les "conseiller".

Personnellement, je crois que dans une situation extreme si j'avais eu un enfant en danger d'être maltraité par d'autres j'aurais pu faire le pire, mais je n'ai jamais imaginé dire à une femme enceinte autre chose que des encouragements, je pense que c'est simplement abominable de dire à une femme qu'elle ferait mieux d'avorter .. mais si elle le pense, c'est l'issue qu'elle a décidée elle...

je ne crains pas les déformations de mon point car il faut être sot et surement pas féministe pour ignorer que ces problèmes sont complexes, des féministes célèbres l'ont déjà dit : 

ex il y a une vidéo de Chrisitine Delphy sur un livre de la féministe américaine Andréa Dworkin, expliquant : "
Selon André Dworkin, pour les femmes de droite, les femmes conservatrices, l’avortement c’est ce qui va rendre toutes les femmes disponibles pour tous les hommes. E c’est ce qui s’est passé quand même, parce que avant que l’avortement ne soit légalisé, il y avait une bonne excuse que les femmes pouvaient fournir pour ne pas coucher avec un mec, c’était qu’elles ne voulaient pas être enceintes, et après elles l’avaient plus, elles l’avaient plus avec la contraception et elles l’avaient plus aussi avec l’avortement, et les femmes de droit prévoyaient ça. Alors maintenant cela pousse les femmes à dire « mais pourquoi est ce que je dois trouver des excuses ? », c’est-à-dire que la lutte progresse (….) parce que l’on peut se demander pourquoi les hommes étaient tellement favorables à l’avortement, ils étaient très favorables à l’avortement » Christine Delphy

et aussi, dans le livre "Et si on parlait de sexe à nos ados ?" de Israël Nisand , Brigitte Letombe ,Sophie Marinopoulos, il est question des dévastations de la pornographie, et d'une enquete sur plus de 800 000 femmes montrant des "séquelles psychologiques" chez nombre d'entre elles ... et écrivent même que le meilleur avortement est celui qui n'a pas lieu ..


Si la Loi n'est pas l'expression du bien et du mal, quelle autorité peut-elle avoir, et à quoi (ou plutôt : à qui) peut-elle servir ? "

je crois qu'il n'y a pas de législation parfaite, que peu de lois n'ont pas, comme les médicaments, d'effets secondaires sinon, de failles qui se retournent contre leurs objectifs, à supposer d'ailleurs que ceux ci soient clairs, et autour des revendications sur les questions d'avortement et de liberté sexuelles, ces objectifs sont souvent contradictoires.


la loi n'est pas censée etre l'expression directe du bien et du mal, c'est beaucoup plus compliqué : les rapports entre la loi et la morale sont plus complexes, elle n'en est pas l'expression directe- de toute façon une loi n'a qu'une autorité relative, bornée, aucune loi n'est pas parfaite, il faut toujours avoir une application critique de la loi ..et la loi ne concerne que le comportement exterieur des personnes, pas leur conscience, leur motivation ... la loi des sociétés est une question "pratique", un essai pour "maximiser" un "résultat", elle ne désigne pas forcément ce qui est "bien" directement, 
je fais un certain parrallele avec le droit à l'accouchement sous x : cela aussi est terrible pour l'enfant, injuste, et pourtant il est plus protecteur que la loi le permette, ... en esperant qu'elle ne soit plus utile : elle ne dit pas ce qui est bien, juste ce que l'on permet, au moins à un moment donné

pour l'avortement la loi permet pour deux raisons, dont l'une pratique, que les femmes n'en meurent pas, l'autre de principe : la femme décide, pour deux, l'inverse de la loi actuelle c'est qu'une femme qui avorte mérite de risquer la mort ici-bas ..
est il bien de dire qu'il faut punir, maitriser les femmes par la force, quand elles prennent des décisions aussi personnelles et le plus souvent sous autant de contrainte ? or c'est bien cela aussi le sens de la loi anti-avortement, on punit les femmes pour l'echec et l'oppression commise le plus souvent par d'autres, c'est cruel et indécent

je pense qu'il est bien que la loi dise que les femmes font ce qu'elles veulent, et sont les mieux placées pour décider, et qu'il faut donnner toutes les informations aux jeunes et moins jeunes sur la biologie, je préfère que la loi autorise les femmes à faire se qu'elles veulent, que les femmes et les hommes soient informés et aidés, que des croyants leur donnent aussi de l'espoiret :   si cela était fait, la loi ne serait plus utilisée ... parce qu'aucun etre humain normal n'a envie d'en tuer un autre, surtout pas son propre enfant, je ne pense pas qu'aucune femme sensée et informée, et qui n'a pas peur pour son enfant, ait envie d'arreter sa vie ... 
le "bien" lui même est complexe à exprimer dans certains cas et justement dans ce probleme de l'avortement, et à mon sens il est mieux exprimé dans une loi qui ne réprime pas les femmes, pour les raisons suivantes
la grossesse est le probleme de deux corps en un, et l'avortement est le probleme de la situation des femmes ou de la peur pour les enfants à naitre,
or le "bien" est à la fois que :
- chacun-e ait droit à l'intégrité physique, à décider pour son propre corps,
- que l'enfant vivant vive évidemment,
- qu'il n'y ait pas d'opposition créée entre la mere et l'enfant, de naissance forcée contre la volonté de la mere,
- que les femmes ne se trouvent pas dans une situation où elles aient des craintes fondées pour l'avenir de l'enfant ou leur situation, du fait de la grossesse,
- que les femmes n'aient pas alors comme seul recours de risquer elles memes de mourrir quand elles ne supportent pas la grossesse ou la naissance
je pense que pour exprimer tous ces "biens" à la fois, ou pour éviter le risque du dernier mal, il faut que la loi
- surtout reconnaisse la liberté de la femme de décider, pour son corps, pour son enfant, en fonction de ce qu'elle sent en elle de capacité à etre mere ou de mener sa grossesse,
- et en meme temps interdisent les avortements forcés ou la pression faite sur une femme pour avorter ou l'exploitation financiere de ce "marché" de l'avortement,
- et aussi conservent aux médecins et autres soigants le droit d'agir selon leur conscience face à la demande d'une femme :
afin qu'ainsi que la société s'oblige à faire en sorte que les femmes ne soient pas réduites à des situations impossibles, que les enfants ne courrent pas des risques de maltraitance dont leurs meres ne peuvent les proteger, que les couples de ne sentent pas "obligés" de mettre fin à une grossesse, par ex parce que l'enfant est handicapé,
parce que je suis convaincue, que dans une société où les jeunes et les femmes sont informés sur la biologie, le déroulement d'une grossesse, sur les mensonges de la pornographie, sur toutes les blessures émotinnelles et l'idiotie du consumérisme sexuel, sur le risque d'échec de toutes les techniques de contraception, les femmes ne se forceront plus à avorter ou à risquer d'avoir à avorter,

ma vision de la loi est une vision qui contrarie le controle des hommes sur les femmes, qui contrarie la vision de la grosssesse des femmes comme d'un mécanisme dissociant mere et enfant et réduisant la mere à une sorte d'outil,
je pense que les hommes ont du mal à comprendre cette vision féminine : les femmes savent tres bien l'importance de la grossesse, elles savent ce qu'elles font, elles le savent miexu que quiconque pour elle et l'enfant, mais elles ont besoin d'aide et de sécurité pour que la maternité se passe bien, 
elles ont besoin que les hommes renoncent largement à l'idee de les utiliser comme jouets ou de les forcer à faire des enfants dans des conditions dangereuses 
réprimer et forcer est alors bien plus facile ...

Rien, jamais, ne peut justifier le meurtre d'un être humain." ...

je pense que le respect de la disposition de son corps par les femmes est tout aussi important,
et que c'est en partant de celui là, que l'on reduira au mieux possible en pratique les avortements,
en pratique les societes qui repriment les femmes, sont aussi celles ou ellles sont violees d'une façon ou d'une autre et enceintes sans préparation,
c est là qu'il faut differencier la loi comme outil social et la morale :
la morale de proteger la vie aura plus de chances d etre entendue, et appliquee si la loi ne reprime pas les femmes, parce que les femmes seront mieux protegees contre les situations où elles sont face à un dilemne moral et affectif en meme temps,

en fait, on ne peut pas voir aujourd'hui l'utilité de cette non repression, parce que aujourd'hui, il y a un regne de " la société pornographique" et en meme temps une volonte de dissuader les femmes françaisse d'avoir des enfant, qui font que l'avortement est largement contraint pour les femmes

d'un autre côté, il est vrai que les adultes peuvent avoir des décisions qui ne tiennent aucun compte du fait, qu'à partir d'un certain moment de la grossesse, non seulement le bébé même non viable extérieurement est là, mais qu'il est là avec toutes ses sensations en éveil ...

exemple dans ce roman à faire dresser les cheveux sur la tête : 


Louise est une fille meurtrie par une histoire d’amour qui aura mal terminée. Le chagrin l’a anesthésiée, elle a perdu les larmes, la douleur, comme d’autres perdent la vue ou la parole. Être quitté par son mari pour la maîtresse de son beau-père, c’est vrai que ce n’est pas facile. Entendre son ex-mari lui dire qu’il va avoir un enfant avec sa nouvelle femme, un an après l’avoir fait avorter elle à 5 mois de grossesse, il est vrai qu’il y a de quoi se sentir mal. « Cet homme qui n’a pas voulu de l’enfant qu’ensemble on avait fait. Ce n’est pas celui là qu’il voulait. C’est pas avec moi qu’il le voulait. Cet enfant il n’en voulait pas, on l’a fait ensemble et ensemble on l’a tué, tout ce qu’on a fait ensemble est mort. »

à ce moment de la grossesse (5 mois) , l'enfant est encore plus développé que celui de ces images (4.5 mois) : 






Sainte Rita ...


 
Une fieffée menteuse devant l’Eternel m’accuse de ne pas être féministe mais de critiquer les féministes  d’avoir des idées d’ « extreme-droite », alors cette accusation est démentie par TOUS mes  écrits, y compris ceux que je publie Riposte laique, - je rappelle que Riposte laique est un journal issu par scission du journal de la gauche républicaine Respublica, et créé par un syndicaliste et une féministe .

Je défend dans tous mes écrits depuis 1993  les idées féministes les plus opposées à la vision de l’extreme-droite sur « la femme » et la famille.  

J’appartiens aux tendances féministes dits « universalistes » qui défendent l’idée universalité de prédominance des caractères « universels » par opposition aux associations plus « différentialistes » qui mettent l’accent sur les différences des sexes. 
Je défends le droit à l’avortement et à la contraception et à l’accouchement sous X et à la PMA y compris pour les femmes seules, des droits des mères contre la garde alternée imposée et contre les accusations de « syndrome d’aliénation parentale »,
J’ai défendu l’arrêt Perruche par souci de défendre à la fois le droit à l’avortement et le droit des mères  à garder leurs enfants handicapés en étant aidé par la sécurité sociale,
Je dénonce la misogynie de la psychanalyse,
Je défend le droit des femmes à l’autonomie par rapport à « la famille » et l’égalité absolue dans le mariage,
je dénonce les causes de violence contre les femmes, les actes de lesbophobie (viols punitifs, exclusion …),
je prône l’abolitionnisme  concernant la prostitution et la pénalisation de l’achat de prostitution sur le modèle de la loi suédoise, l’interdiction de formes de pornographie constituant du proxénétisme,
je défends l’usage du féminin dans le langage, l’interdiction d’attenter à la vie privée par la double appellation des femmes  …

En résumé  je défends des revendications d’égalité et d’autonomie et d’universalisme qui sont en opposition totale avec les valeurs de différentialisme , de hiérarchie patriarcale et de confinement des femmes à un rôle défini par les hommes, qui sont celles de l’extrême-droite.

La fieffée menteuse devant l’Eternel, Krishna, Vischu, et Aphrodite réunis  .. qui m’acccuse, sait par ailleurs parfaitement que le féminisme est traversé de division sur quasi tous les sujets sauf la libre disposition du corps (avortement, contraception, lutte contre les violences) et que les féministes se critiquent mutuellement sur quasi tous les sujets … entre autre au sujet de la laïcité. On se rappelle avec une douleur peut-être salutaire par exemple le livre d’Elisabeth Badinter, « Fausse route » consacré …à la critique des mouvements féministes, idem pour la féministe américaine « historique » Phyllis Chesler, toutes deux estimant que le féminisme passe à côté des causes féministes qui seraient les plus importantes à défendre aujourd’hui.

Les plus gros mensonges sont certes ceux qui passent le mieux, car devant leur énormité, l’on n’ose croire à leur fausseté, l’on n’ose croire que le menteur ou la menteuse oserait une telle tromperie, oserait se foutre à ce point de la gueule de ceux ou celles à qui  il s’adresse. Et pourtant …. Les fieffés et éhontés menteurs et menteuses existent bel et bien et osent TOUT.
Comme la fieffée menteuse qui ose me présenter comme le contraire de ce que je suis, est elle-même féministe et se targue d’être experte es mouvements d’extrême-droite, et comme on ne s’attend pas à des mensonges dignes de Madoff et Cahuzac dans la bouche d’une pauvre innocente féministe en (juste) croisade contre les restants de néo-nazis, le risque est grand pour moi que ce grotesque mensonge n’insinue le doute sur moi …
Mais j’irais prier pour cette cause désespérée … sainte Rita, patronne des causes désespérées

Autre énorme mensonge  contre moi : rappel : 

MA REPONSE A QUATRE JURISTES


illustration de ce qu'en pense "la société"


MA REPONSE A QUATRE JURISTES

4 juristes de droit public opposent aux 170 juristes ayant contesté le projet Taubira (http://elisseievna.blogspot.fr/2013/03/170-juristes-contre-un-marche-des.html ) , les arguments  suivants :

-         -   Le rôle des juristes doit se borner, « le droit civil procédant d’arrangement politiques et de montages juridiques »,  à « mettre en œuvre ces montages, leur donner consistance, cohérence, voir en monter les lacunes et les antinomies »
-         -  Ils ne sauraient, «  le droit étant l’expression d’une volonté politique et non la reproduction d’une incertaine réalité qui serait supérieure ou antérieure à celle, sublunaire, qui est la nôtre »,  « s’opposer par principe au aux bouleversements du droit positif, aux évolutions du droit du mariage et de la parenté », ni poser « des affirmations morales qui essentialisent des catégories juridiques  dans le but d’empêcher ou de faire apparaître comme impossibles les modifications du droit positif voulues par le législateur », pour « dire ce qui est bien ».

Ces arguments sont d’une part contradictoires,  et reposent eux-mêmes d’une part, sur un parti pris idéologique parfaitement contestable sur le fondement du droit, et sur «  ce qui est bien » concernant le droit et son élaboration, et d’autre part, sur une pseudo-rhétorique philosophico-anthropologique  se référant à la notion dévoyée et trompeuse de « l’essentialisation ».

Ces arguments sont  contradictoires car le droit positif comprend des principes et textes s’opposant  au projet Taubira : la convention sur les droits de l’enfant prévoyant qu’il doit être élevé par ses deux parents, le principe de respect de l’intégrité physique des personnes, dont des femmes, et plus génralement, le  principe de l’indisponibilité de l’Etat des personnes,  la définition de la liberté par la déclaration de 1789 signifiant que la loi n’est pas la loi du plus fort et dont découle un principe de protection du plus faibles contre les abus des plus forts, dont les femmes et les enfants contre le pouvoir des plus forts …

Le parti pris idéologique est celui de l’absolutisme du droit positif, de la reconnaissance comme « droit » de la loi formellement  votée par «  le législateur », sans autre réflexion sur « ce qui est bien ». 

Ce parti pris positiviste absolu a été depuis longtemps contesté, et pas seulement, comme le font entendre sans le dire clairement ces trois juristes, par des tenants de conceptions « religieuses » d’un « ordre naturel divin ».
On rappellera que cette conception n’est pas exactement celle de notre droit depuis que la déclaration de 1789 fait référence aux « droits naturels et sacrés » et pose comme définiton de la liberté la borne des libertés d’autrui et comme borne à l’interdit par la loi la non nuisance à autrui … 
On rappellera surtout, la critique fondamentale de cette conception formaliste du droit comme étant simplement le retour à « la loi du plus fort », voir les critiques faites à Kelsen.

L’accusation d’essentialiser est reprise ici comme par rapport à l’islam, pour interdire, par une escroquerie intellectuelle, par terrorisme intellectuel, toute forme de critique.

L’essentialisation a été initialement définie comme le fait d’affubler des personnes ou un groupe de personne d’une identité intrinsèque et figée, déterminée, d’ une « essence » lui interdisant toute liberté dans son « existence ».  Dire comme le nazisme « le juif est dominateur » est une essentialisation, un vice étant attribué à un groupe et à toute personne en faisant parti, génétiquement, intrinsèquement et  à tout jamais : par essence.  A cela, philosophiquement, on oppose, pour résumer, que la seule essence de l’être humain serait la liberté liée à sa conscience, ce qui l’oppose tant aux objets physiques ou intellectuels qu’aux animaux.

Comme je l’ai déjà montré dans un précédent article (« Essentialisation,  islamophobie : même sophisme»), ce concept n’est pas applicable à une théorie, à un droit, c’est-à-dire à des énoncés ayant un sens : une théorie ou un droit a un sens, sens  qui en est « l’essence »,  mais ils n’ont ni de conscience ni de volonté propre. Pas plus que « le droit musulman »,  « le droit français » n’est un  être vivant doué de conscience et dont la seule « essence » serait la liberté.

Insinuer qu’il pourrait être attenté à leur liberté intrinsèque est ridicule, c’est mélanger sens propre et sens figuré, ne pas comprendre une figure de style (remplacement du mot désignant un sujet auteur d’une action par le mot désignant son acte), confondre les sujets : lorsque l’on dit que « le droit évolue », on ne dit pas qu’il évolue par sa propre volonté, mais en réalité par la volonté des citoyens et en raison de leur conception « de ce qui est bien ».  

Essentialiser serait oser comprendre le sens, la signification d’une  théorie, d’un droit ou d’un principe , oser donner une définition compréhensible clairement par toutes et tous.  Dire que le mot mariage a un sens, historiquement, celui d’union d’un homme et d’une femme,  n’est pas un attentat contre la liberté de la « catégorie juridique » mariage. 
Pas plus d’ailleurs que le fait de dire « par convention je souhaite lui donner aujourd’hui tel autre sens » n’est un attentat contre « lalangue française », mais simplement l’usage de la liberté d’en user, pourvu que l’on ait la courtoisie d’avertir autrui de la définition nouvelle que l’on souhaite en faire, afin de ne pas induire de confusion ...

Cette accusation d’essentialisation est utilisée pour interdire toute compréhension et explication de sens, du sens d’une doctrine, d’une théorie ou d’un concept, pour faire triompher la confusion, pour faire accroire que le sens clair serait inconcevable  ou inaccessible. Donc que la critique de cette théorie ou de ce concept seraient inconcevable et impossible. Alors qu’elle ne l’est nullement, alors que cette impossibilité est purement imaginaire. 
Ce procédé relève de l’escroquerie intellectuelle à fin d’interdire la critique. 
Dire que le mot mariage a un sens clair, historiquement, et correspond à une institution précise, qui serait bouleversée si l’on change la définition de ce mot, est indispensable pour comprendre le sens et les conséquences des réformes proposée,  ce n’est pas « figer » des catégories, mais les décrire et les analyser, phase indispensable à toute évolution éventuelle rationnelle.

Les 4 juristes cités parlent de « volonté du législateur » comme fondement du changement de loi, et  ne vont pas jusqu’à opposer « le sens de l’histoire » ou « la marche de la société », mais l’argument qu’ils utilisent en parlant « d’essentialisation de catégories juridiques » est en fait cohérente avec la thèse du « droit qui avance tout seul ». Car présenter « les catégories juridiques » comme sans essence, sans définition,  évolutives par essence, comme des êtres dont l’évolution ne saurait faire l’objet d’une critique au nom de «  convictions morales » et de « recherche de ce qui est bien », c’est dire qu’il faut uniquement « suivre » ce qui serait leur « vie » propre.

La critique de « l’essentialisation » du droit, aboutit à l’interdiction faite au législateur de décider autre chose que de « suivre la marche de l’histoire et de la société »,  (ce contre quoi même Jean Carbonnier défenseur de la sociologie juridique et de la coutume s’était opposé)… au risque de se soumettre uniquement à  la loi du plus fort à un moment donné. 

La grande contradiction de cette critique, est qu’elle soumet les seuls êtres réellement libres, les humains, à l’obéissance à des « abstractions ».  
Essentialiser serait s’opposer à des phénomènes se produisant de manière autonome, "libres" (mais hors de toute conscience, de toute réflexion et de toute recherche morale).
Mais refuser l'"essentialisation" c'est dire que « le droit » comme « lalangue » selon Lacan, ou le « sens de l’histoire » pourraient imposer leur Loi à l’Humain, aux personnes humaines …
Ceux qui utilisent la notion d’essentialisation pour défendre des abstractions,  tentent de faire croire qu’ils luttent contre les tenants « religieux » de tel ou telle conception de l’ « ordre naturel », de « la vérité » , de la « loi naturelle ».
Or ils opposent à ces conceptions « religieuses » , la loi d’airain d’Abstractions plus tyranniques encore, car elles excluent par principe toute réflexion sur « ce qui est bien », car elles excluent par principe toute conscience. 

Or la conscience permettant la réflexion est pourtant ce qui fonde l’égalité en dignité et en droit, comme nous l’ont fait inscrire les juristes chinois en 1948 …

Or c’est bien la conscience qui devrait nous alerter, quand un texte fait si manifestement fi de droits élémentaires des enfants et des femmes plus pauvres, en contradiction avec notre droit positif lui-même.

Elisseievna

Mariage pour tous : juristes, taisons-nous !


À l’heure où les feux de l’Université pâlissent à vue d’œil, on pourrait se féliciter d’apprendre que l’interpellation du Sénat par 170 universitaires – « tous professeurs et maîtres de conférences » – parvient à retenir l’attention de la presse grand public. Arguant de leur qualité de « juristes », nos collègues se reconnaissent pour « vocation » de « veiller au respect des libertés individuelles et à la protection par le droit des personnes les plus vulnérables » et d’alerter le Sénat sur « la grande violence faite aux enfants, délibérément privés d’une mère ou d’un père ». Enfin, ils disent ne pas pouvoir « se taire » et dénoncent à l’avance « l’inéluctable marché de la procréation à venir, la marchandisation du ventre des femmes les plus précaires et des enfants fabriqués pour satisfaire les désirs dont ils sont l’objet » (sic).
Face à ces juristes, il s’en trouve toutefois d’autres qui ne se sentent nullement touchés par la même vocation et pour qui une question préalable s’impose : en quoi l’alerte que sonnent nos collègues est-elle le résultat d’un savoir proprement juridique et peut-elle, en conséquence, s’autoriser de titres académiques, en général, et de la qualité de juriste universitaire, en particulier ?
La pétition des 170 collègues contre le mariage pour tous exprime les vues personnelles desdits signataires, lesquels ne sauraient parler « au nom du droit ».
Oui, le projet de loi « implique un bouleversement profond du Droit, du mariage et, surtout, de la parenté ». C’est son objet même et il ne saurait dès lors être critiqué pour ce seul motif. Toute intervention législative en matière civile nous éloigne du Code Napoléon, comme toute révision constitutionnelle déjoue les intentions de nos pères fondateurs. Être professeur de droit n’autorise pas pour autant à « parler au nom du droit » et à s’opposer, par principe, aux bouleversements du droit positif, et moins encore aux évolutions du droit du mariage ou de la parenté.
Jusqu’à preuve du contraire, le droit demeure l’expression d’une volonté politique et non la reproduction d’une incertaine réalité qui serait supérieure ou antérieure à celle, sublunaire, qui est la nôtre. En dépit des apparences que nourrissent les habitudes, il convient de rappeler que le droit civil procède toujours d’arrangements politiques et de montages juridiques. Lorsqu’il s’agit de les créer, le juriste ne peut prétendre à aucune compétence ou monopole particulier. Au mieux le savoir juridique sera-t-il utile et pertinent lorsqu’il s’agira de mettre en œuvre ces montages, de leur donner consistance, cohérence voire d’en montrer les lacunes ou les antinomies. Sans même défendre le projet de loi que l’assemblée nationale a voté – car, précisément, une telle défense ressort des convictions politiques et morales de chacun –, il convient donc de dénoncer la méthode fallacieuse utilisée par nos collègues qui consiste à se fonder sur leur qualité de “juristes” pour dire ce qui est bien et ce qu’il faut penser.
Or, tout un chacun peut le vérifier, aucun des arguments de nos « résistants » – qui, de la contestation d’une loi sur le mariage aboutissent à la dénonciation du « trafic d’enfants » (sic) et à la privation de parenté –, n’est finalement juridique. Il s’agit au contraire d’affirmations morales qui essentialisent des catégories juridiques dans le but d’empêcher ou de faire apparaître comme impossibles les modifications du droit positif voulues par le législateur. On nous ressert, réchauffé, le plat des « catégories anthropologiques fondamentales », que l’on arrose d’une rhétorique pseudo-psychanalytique en vue de nous le rendre plus appétissant (l’enfant doit « se construire par référence à un père et une mère »). Mieux encore, on l’agrémente d’une dénonciation des méfaits de la logique libérale, qui n’est, comme par hasard, jamais aussi néfaste que lorsqu’elle touche les mœurs mais reste bien souvent la seule possible lorsqu’il s’agit de l’économie, du travail et de l’entreprise.
Il y a quelques mois déjà, certains psychanalystes, répondant à leurs pairs qui croyaient voir dans l’homoparentalité l’arbre cachant une forêt de dangers pour l’équilibre de l’enfant, les invitaient à se taire (Sylvie Faure-Pragier, « Homoparentalité : ‘psys, taisons-nous !’ », Le monde, 25 décembre 2012). On ne peut que s’en inspirer aujourd’hui. Sur l’« admissibilité juridique » du mariage pour tous et l’homoparentalité, juristes, encore un effort : taisons-nous. Laissons le législateur faire son travail et ne donnons pas à l’avenir la couleur de nos propres angoisses. Aucune loi n’est jamais définitive ni définitivement appliquée telle qu’elle a été votée : en ce qui concerne celle sur le point de l’être, il sera toujours temps de la modifier si l’expérience en démontre les lacunes ou les défauts. Mais s’il s’agit de refuser, par principe, l’adoption d’une réforme dont nul ne se dissimule l’importance, il n’est pas besoin de faire profession de juriste : celle de moraliste suffit amplement. La stratégie des « 170 juristes » ne doit tromper personne et nos sénateurs n’ont rien à craindre : ils pourront voter le texte que leur transmet l’Assemblée sans risquer les foudres de Thémis.

Pierre Brunet

Pierre Brunet est professeur de droit public à l’Université Paris Ouest Nanterre et directeur du Centre de Théorie et Analyse du Droit (UMR CNRS 7074).
 Eric Millard
Eric Millard est professeur de droit public à l’Université Paris Ouest Nanterre, membre du du Centre de Théorie et Analyse du Droit (UMR CNRS 7074) et Co-directeur de l’Ecole doctorale de sciences juridiques et politiques.

Véronique Champeil-Desplats

Véronique Champeil-Desplats est professeur de droit public à l’Université Paris Ouest Nanterre et directrice du CREDOF.

Stéphanie Hennette-Vauchez

Rédactrice en chef de Raison publique, en charge de la rubrique "droit et justice", Stéphanie Hennette-Vauchez est Professeur de droit public à l’Université de Paris XII-Créteil.